Reprendre le travail après un décès est l'une de ces transitions qui peut sembler à la fois nécessaire et difficile à envisager. Il n'existe pas de bon moment universel pour revenir, ni de version de ce retour qui se passe sans heurts. Ce qui aide, c'est de savoir à quoi s'attendre, quels droits sont en place, et comment aborder le côté pratique de la reprise.
Ce guide est destiné aux salariés québécois et canadiens : ce que prévoit la loi en matière de congé, ce qui se passe à la fin de ce congé, et ce qui peut rendre le retour un peu plus facile à traverser.
En résumé
Les droits au congé varient selon la province et selon que le lieu de travail est régi par les lois fédérales ou provinciales. Pour la plupart des salariés au Québec, la Loi sur les normes du travail établit des minimums. Dans la plupart des cas, le poste est protégé pendant le congé. Reprendre le travail ne signifie pas faire semblant que tout va bien. Une conversation avec l'employeur avant le retour peut réduire la pression des deux côtés. Si plus de temps est nécessaire, d'autres options peuvent exister.
Comprendre ses droits au congé
La durée du congé à laquelle un salarié a droit dépend de son lieu de travail et de la loi qui s'y applique.
Pour les salariés dont le milieu de travail est régi par la Loi sur les normes du travail du Québec, lors du décès d'un membre de la famille immédiate, comme un enfant, un conjoint, un parent, un frère ou une sœur, le salarié a le droit de s'absenter cinq jours du travail : deux jours payés par l'employeur, et trois autres jours sans salaire. Pour le décès d'un grand-parent, d'un petit-enfant ou d'un membre de la belle-famille, la loi permet de s'absenter une journée, sans salaire.
Pour les salariés dont le milieu de travail est régi par le Code canadien du travail, soit notamment les banques, les télécommunications et le transport interprovincial, le Code prévoit jusqu'à 10 jours de congé de deuil en cas de décès d'un membre de la famille immédiate, dont les 3 premiers jours sont rémunérés pour les salariés ayant au moins 3 mois de service continu. Depuis décembre 2025, les salariés dont un enfant décède peuvent prendre jusqu'à huit semaines de congé de deuil non payé, à partir de la date du décès jusqu'à 12 semaines après la date des funérailles, de l'inhumation ou de la cérémonie commémorative.
Dans tous les cas, ce que prévoit la loi est un minimum. Une convention collective ou un contrat de travail peut offrir des conditions plus avantageuses. Il vaut la peine de consulter son contrat ou de s'adresser aux ressources humaines pour savoir ce qui est disponible.
Les droits à la reprise du travail
Le congé de deuil est protégé par la plupart des lois sur les normes du travail au Canada. Au retour, le salarié doit être réintégré dans le même poste qu'il occupait avant le congé, ou dans un poste comparable si le poste original n'existe plus. L'ancienneté et la durée de service continuent de s'accumuler pendant le congé.
Pour les salariés sous réglementation fédérale, les modifications récentes au Code canadien du travail ajoutent des protections, notamment le droit de recevoir un avis des possibilités d'emploi pendant le congé, le maintien de l'accumulation des avantages sociaux liés à la retraite, à la santé et à l'invalidité, ainsi que la protection contre les représailles, y compris l'interdiction de tenir compte du congé dans les décisions de promotion ou de formation.
L'employeur ne peut pas pénaliser d'aucune façon un salarié qui s'est absenté pour un congé. Si un employeur manque à cette obligation, le salarié peut déposer une plainte auprès de la CNESST au Québec, ou auprès du Programme du travail du gouvernement fédéral selon la situation.
Avant le premier jour de retour
Une courte conversation avec un responsable ou les ressources humaines avant de revenir peut faire une réelle différence. Il n'y a aucune obligation de partager des détails personnels, mais indiquer ce qui serait utile, ou ce qui pourrait être difficile, donne à chacun la possibilité de se préparer.
Quelques éléments à considérer avant le retour : est-ce qu'un retour progressif est possible, par exemple en commençant avec des heures ou des jours réduits? Certains employeurs l'offrent de manière informelle, d'autres ont des processus d'accommodement formels. Il peut aussi être utile d'identifier les responsabilités ou les situations au travail qui pourraient être particulièrement difficiles au début, et de repérer une personne de confiance pouvant servir de point d'appui au besoin.
Si le congé n'est pas suffisant
La durée minimale du congé de deuil est souvent bien en deçà du temps dont beaucoup de personnes ont réellement besoin. Quand c'est le cas, d'autres options peuvent exister.
Selon les conditions du poste et la souplesse de l'employeur, un retour progressif est la meilleure situation pour une personne en deuil. Il est possible de discuter de cette option avec l'employeur avant même la fin du congé.
Un congé pour raisons médicales peut être disponible si un médecin ou un professionnel de la santé détermine que du temps supplémentaire est cliniquement approprié. Au Québec, des protections de l'emploi existent pour les absences liées à la maladie ou à une blessure, avec une réintégration obligatoire au même poste ou à un poste équivalent.
Un programme d'aide aux employés, lorsqu'il est offert par l'employeur, peut fournir du soutien à court terme et aider à naviguer dans les demandes d'accommodement ou de congé supplémentaire. Les personnes syndiquées devraient aussi consulter leur convention collective, qui peut prévoir des droits plus généreux que ce qu'impose la loi.
Prendre des vacances accumulées ou un congé personnel sans solde est une autre option, selon ce qui est disponible. Ce sont des outils pratiques, pas des signes de faiblesse, et les utiliser au moment où c'est nécessaire est une réponse raisonnable à une situation difficile.
Un ordre à suivre
Pour traverser le retour au travail étape par étape, cet ordre peut aider.
- Vérifier les droits au congé de deuil dans le contrat de travail et selon la loi applicable
- Confirmer si le congé est payé ou non, et pour combien de jours
- Aviser l'employeur par écrit dès que possible, en indiquant la durée prévue du congé
- Avant le retour, avoir une brève conversation avec un responsable ou les ressources humaines sur ce qui serait utile
- Demander un retour progressif si une transition graduelle serait plus facile
- Si plus de temps est nécessaire, explorer le congé médical, les vacances ou d'autres options avant la fin du congé prévu
- Si des droits semblent avoir été bafoués pendant ou après le congé, communiquer avec la CNESST ou le Programme du travail selon la situation
Questions fréquentes
Le congé de deuil est-il payé au Québec?
En partie. Pour les salariés régis par la Loi sur les normes du travail, deux jours sont payés lors du décès d'un membre de la famille immédiate; les trois autres sont sans solde. Les employeurs peuvent offrir des conditions plus avantageuses.
L'employeur peut-il demander une preuve du décès?
Oui, dans certaines circonstances. L'employeur a le droit d'exiger que le salarié lui fournisse une preuve raisonnable dans les circonstances, mais les règles varient selon le type de congé et la juridiction applicable. Il est préférable de vérifier les normes applicables à sa situation.
Que faire si le congé prévu n'est pas suffisant?
Un congé médical, un congé personnel, des vacances accumulées ou un accommodement informel peuvent être disponibles selon l'employeur et la situation. En parler avec un responsable ou les ressources humaines avant la fin du congé est un premier pas raisonnable.
Le poste est-il protégé pendant le congé?
Dans la plupart des cas, oui. Les lois sur les normes du travail au Canada prévoient généralement que le salarié doit être réintégré dans le même poste ou un poste comparable à son retour.
Sources
Ce billet s'appuie sur les dispositions de la Loi sur les normes du travail du Québec, du Code canadien du travail tel que modifié le 12 décembre 2025, ainsi que sur les informations publiées par la CNESST, Éducaloi et JuridiQC. Les droits varient selon la province, le territoire et l'employeur. Ce contenu est offert à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. La consultation d'un avocat, d'un notaire ou de la CNESST est recommandée pour toute situation particulière.








