Conflits familiaux après un décès : qui peut prendre les décisions quand les proches ne s’entendent pas?

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Conflits familiaux après un décès : qui peut prendre les décisions quand les proches ne s’entendent pas?

Après un décès, les décisions s'accumulent rapidement. Les arrangements funéraires, les comptes financiers, les effets personnels et les démarches légales requièrent une attention immédiate, souvent en l'espace de quelques jours seulement. Quand les membres de la famille ne s'entendent pas sur la marche à suivre, la situation peut devenir difficile à gérer, et la voie à suivre, difficile à voir.

Comprendre qui détient l'autorité légale pour prendre des décisions, et dans quelles circonstances cette autorité s'applique, peut réduire l'incertitude et donner à chacun un cadre plus clair pour la suite.

En résumé

Le liquidateur désigné dans le testament a l'autorité légale pour administrer et distribuer la succession, peu importe la position des autres membres de la famille. En l'absence de testament, ce sont les héritiers qui doivent s'entendre pour désigner un liquidateur, ou s'adresser au tribunal si aucun accord n'est possible. Les décisions relatives aux funérailles et aux arrangements funéraires sont régies par des règles distinctes et peuvent revenir à une autre personne que le liquidateur. Quand un désaccord ne peut pas être résolu, le tribunal peut être appelé à trancher. Connaître ces rôles tôt peut prévenir bien de la confusion.

Le liquidateur et le testament

Lorsqu'une personne laisse un testament valide, elle y désigne habituellement un liquidateur, anciennement appelé exécuteur testamentaire. Le liquidateur est la personne chargée de régler la succession du défunt : fermer les comptes, déclarer les impôts, faire l'inventaire des biens et des dettes, distribuer les biens aux héritiers.

Le liquidateur n'a pas besoin de l'accord des autres membres de la famille pour agir. Son autorité découle du testament lui-même. Si des proches contestent ses décisions, leurs recours passent généralement par les voies légales, et non par une intervention directe en dehors de celles-ci.

Des conflits surgissent parfois lorsque le liquidateur est aussi un héritier, ou lorsque des membres de la famille estiment qu'il n'agit pas dans l'intérêt de la succession. Si le liquidateur prend des décisions déraisonnables, n'administre pas adéquatement la succession ou cache certaines informations, tout intéressé pourra s'adresser au tribunal pour le remplacer. Un notaire ou un avocat peut conseiller sur les démarches disponibles dans ce type de situation.

En l'absence de testament

Sans testament, personne n'est automatiquement désigné liquidateur. Ce sont alors les héritiers qui doivent s'entendre pour désigner une personne qui remplira ce rôle. Si aucun accord ne peut être trouvé, le tribunal peut nommer un liquidateur.

Tant qu'un liquidateur n'est pas formellement désigné, personne ne détient l'autorité d'agir au nom de la succession. Cette situation peut entraîner des délais, particulièrement lorsque plusieurs membres de la famille croient chacun être la personne la mieux placée pour prendre les rênes. Consulter un notaire ou un avocat tôt dans le processus est particulièrement utile dans ces circonstances.

Les décisions relatives aux funérailles

Les décisions concernant les funérailles et les arrangements funéraires sont distinctes de la liquidation de la succession et obéissent à des règles différentes. La personne désignée dans un contrat de préarrangements funéraires, ou celle qui a signé une directive à cet effet, a généralement priorité. En l'absence de tels documents, la législation provinciale prévoit habituellement un ordre de priorité, souvent à partir du conjoint ou de la conjointe survivant, puis des enfants adultes.

Le liquidateur n'a pas automatiquement autorité sur les arrangements funéraires. Ces deux rôles peuvent être assumés par des personnes différentes, ce qui peut créer des tensions lorsque leurs visions divergent.

Certaines personnes anticipent ces situations en laissant des instructions écrites sur leurs volontés, que ce soit dans le testament ou dans un document séparé. Ces instructions n'ont pas toujours force de loi, mais elles peuvent apporter de la clarté et réduire les désaccords dans un moment difficile.

Les sources de conflit les plus courantes

Certaines situations reviennent plus fréquemment que d'autres.

L'accès au domicile et aux effets personnels est une source fréquente de tensions. Seul le liquidateur a l'autorité légale de gérer le contenu de la succession. Les autres membres de la famille n'ont pas le droit de retirer des objets du domicile, même s'ils croient qu'une promesse leur avait été faite, tant que la succession n'est pas réglée.

Les comptes numériques et financiers présentent des enjeux similaires. Les institutions financières ne transmettent pas de fonds ni d'informations à des membres de la famille sans autorisation légale formelle. Le liquidateur peut avoir à obtenir les documents requis avant que certaines institutions acceptent d'agir.

Les désaccords autour d'un bien immobilier partagé, comme une maison héritée conjointement par plusieurs bénéficiaires, peuvent prendre plus de temps à résoudre. Si les héritiers ne parviennent pas à un accord, le tribunal peut être appelé à décider.

Quand le désaccord persiste

La plupart des conflits se règlent sans passer devant le tribunal. Lorsque les membres de la famille sont prêts à communiquer, un tiers neutre comme un médiateur peut parfois aider à trouver une entente sans recours judiciaire.

Quand ce n'est pas possible, le tribunal représente l'étape appropriée. Un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions peut conseiller sur les options disponibles et ce qu'implique un processus judiciaire. Les coûts et les délais varient considérablement, et il vaut la peine de comprendre les deux avant de décider comment procéder.

Un ordre à suivre

Quand des désaccords familiaux surviennent après un décès, cet ordre peut aider à clarifier les premières étapes.

  1. Trouver le testament et vérifier si un liquidateur y est désigné
  2. Identifier qui détient l'autorité sur les arrangements funéraires, ce qui peut être une personne différente du liquidateur
  3. En l'absence de testament, consulter un notaire ou un avocat sur la désignation d'un liquidateur
  4. Soulever les préoccupations relatives aux décisions du liquidateur par les voies légales appropriées
  5. Envisager la médiation avant de s'adresser au tribunal en cas de désaccord réel
  6. Consulter un professionnel tôt, particulièrement lorsque des biens immobiliers, des actifs importants ou des rôles contestés sont en cause

Questions fréquentes

Les membres de la famille peuvent-ils passer outre le liquidateur?

En général, non. L'autorité du liquidateur découle du testament. Les proches qui sont en désaccord avec ses décisions peuvent recourir aux voies légales, mais ne peuvent pas agir à sa place en dehors de celles-ci.

Que se passe-t-il s'il n'y a pas de testament et que les proches ne s'entendent pas sur qui devrait être responsable?

Les héritiers doivent s'entendre pour désigner un liquidateur. Si aucun accord n'est possible, le tribunal peut en nommer un.

Le liquidateur contrôle-t-il les funérailles?

Pas automatiquement. Les décisions relatives aux funérailles sont régies par des règles distinctes et peuvent revenir à une autre personne que le liquidateur, selon les circonstances et la province.

Que faire si un liquidateur n'agit pas correctement?

Les héritiers et autres personnes concernées peuvent soumettre leurs préoccupations au tribunal. Dans les cas sérieux, le tribunal peut démettre le liquidateur de ses fonctions et le remplacer.

Sources

Ce billet s'appuie sur les principes généraux du droit des successions au Québec et au Canada, notamment le Code civil du Québec, ainsi que sur les informations publiées par Éducaloi, Revenu Québec et Retraite Québec. Les règles peuvent varier selon la province ou le territoire. Ce contenu est offert à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. La consultation d'un notaire ou d'un avocat est recommandée pour toute situation particulière.

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